• Accueil
  • > Archives pour février 2010

L’Aveugle et le Paralytique

Posté par cielnuageux le 24 février 2010

Aidons-nous mutuellement,
La charge des malheurs en sera plus légère ;
Le bien que l’on fait à son frère
Pour le mal que l’on souffre est un soulagement.
Confucius l’a dit, suivons tous sa doctrine :
Pour la persuader aux peuples de la Chine,
Il leur contait le trait suivant.

Dans une ville de l’Asie
Il existait deux malheureux,
L’un perclus, l’autre aveugle,
Et pauvres tous les deux.
Ils demandaient au Ciel de terminer leur vie :
Mais leurs cris étaient superflus,
Ils ne pouvaient mourir. Notre paralytique,
Couché sur un grabat dans la place publique,
Souffrait sans être plaint ; il en souffrait bien plus.
L’aveugle, à qui tout pouvait nuire,
Etait sans guide, sans soutien,
Sans avoir même un pauvre chien
Pour l’aimer et le conduire.

Un certain jour il arriva
Que l’aveugle à tatons, au détour d’une rue,
Près du malade se trouva ;
Il entendit ses cris, son âme en fut émue.
Il n’est tel que les malheureux
Pour se plaindre les uns les autres.
J’ai mes maux, lui dit-il, et vous avez les vôtres ;
Unissons-les, mon frère, ils seraient moins affreux.
Hélas ! dit le perclus, vous ignorez, mon frère,
Que je ne puis faire un seul pas ;
Vous-même vous n’y voyez pas :
A quoi nous servirait d’unir notre misère ?

A quoi ? répond l’aveugle, écoutez : à nous deux
Nous possédons le bien à chacun nécessaire,
J’ai des jambes, et vous des yeux :
Moi, je vais vous porter ; vous, vous serez mon guide :
Vos yeux dirigeront mes pas mal assurés,
Mes jambes à leur tour, iront où vous voudrez.
Ainsi, sans que jamais notre amitié décide
Qui de nous remplit le plus utile emploi,
Je marcherai pour vous, vous y verrez pour moi.

Jean-Pierre Claris de Florian

Publié dans poesie | Pas de Commentaire »

Paysage Gris

Posté par cielnuageux le 9 février 2010

0464.jpg
Déjà cette prairie en commençant l’hiver
Étendait son tapis d’herbe courte et fripée,
Elle languit encor, de plus en plus râpée,
D’un gris toujours plus pâle et moins mêlé de vert.
Et pourtant, il y vient, poussant leur douce plainte,
Dressant l’oreille au vent qu’ils semblent écouter,
Quelques pauvres moutons qui tâchent de brouter
Ce regain des frimas dont leur laine a la teinte.

Mais le vivre est mauvais, le temps long, le ciel froid;
À la file ils s’en vont, l’oeil fixe et le cou droit,
Côtoyer la rivière épaisse qui clapote,

S’arrêtant, quand ils sont rappelés, tout à coup,
Par la vieille, là-bas, contre un arbre, debout,
Comme un fantôme noir dans sa grande capote.
Maurice Rollinat
(
Paysages et paysans)

Publié dans poesie | 1 Commentaire »

 

Cosy place for holidays in ... |
les hobbies d'Angie |
Animaux de compagnie |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | pattypatchs
| Football Club Orgnacois
| L'Ecurie de la Combe