Le livre de ma mère (Albert Cohen)

Posté par cielnuageux le 19 septembre 2017

 » Elle est venue, elle n’y a rien compris, elle est partie. Après avoir été elle-même irremplaçablement, elle a disparu, pourquoi, mais pourquoi ? Pauvres humains que nous sommes, qui allons du toujours qui nous a déposés dans notre berceau au toujours qui viendra après notre tombe. Et entre ces deux toujours, quelle est cette farce que nous jouons, cette courte farce d’ambitions, d’espoirs, d’amours, de joies destinées à disparaître pour toujours, cette farce que Tu nous fais jouer ? Dis, toi, là-haut, pourquoi ce traquenard ? »

https://www.babelio.com/livres/Cohen-Le-Livre-de-ma-mere/3506

 

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Très joli texte de Yolande Vercasson : Le papé

Posté par cielnuageux le 16 septembre 2017

http://balbo.alain-wanadoo.fr.over-blog.fr/article-11323865.html

        Il se tenait assis tout au bout de la table 
        Et nous impatientait souvent par sa lenteur. 
        On le voyait si vieux, si courbé, pitoyable, 
        Que l’ amour peu à peu cédait à la rancœur. 

        Je le suivais partout ! C’était là, dans ma tête ! 
        Il me suivait des yeux lorsque je travaillais, 
        Proposait de m’aider, maladroit, l’air tout bête ! 
        Il gênait nos projets, notre vie, le papé ! 
   
        Au bout de quelques temps, prétextant les vacances, 
        Je le menais plus haut, au flanc du Luberon 
        «Tu seras bien là-bas. Tu verras la Durance 
        Du haut de la terrasse de la grande maison. » 
   
        Ces maisons-là, papé, sont faites pour les vieux. 
        Regarde comme ils semblent bien, ils ont l’air très heureux ! » 
        « Comme tu veux, petite, si c’est pour ton bien-être. 
        Monte de temps en temps, le dimanche peut être ? » 

        Je l’ai laissé tout seul, vivement, pas très fière. 
        L’air était encore chaud, pourtant je frissonnais, 
        Et le chant des oiseaux voletant sur le lierre 
        Me disait doucement : « Qu’as-tu fait du papé ? » 
    
        Les jours se succédaient, je cherchais la quiétude 
        Le travail me prenait, j’essayais d’oublier, 
        De noyer mes regrets au fil des habitudes, 
        Les souvenirs d’antan rappelaient le papé. 
   
        Même dans le mistral qui rasait la garrigue 
        Pour venir s’écraser au butoir de la digue 
        J’ entendais cette voix qui ne cessait jamais 
        De dire à mon oreille : « qu’as-tu fait du papé ? » 
   
        Chaque brin de lavande, de thym, de romarin,  
        Me reprochait sans fin l’absence de l’aïeul. 
        Le murmure des sources dans le petit matin 
        Chantait sur mon cœur lourd des cantiques de deuil. 

        Le remord lentement s’installait dans ma vie. 
        Je revenais m’asseoir où il s’était assis, 
        Sur le banc de vieux bois, près du puits, sous le chêne, 
        Et je laissais errer mes pensées sur la plaine. 

        Alors, je l’ai revu, avant, lorsqu’il marchait 
        Jusqu’au seuil de l’école, pour venir me chercher. 
        Je sautais dans ses bras, je l’embrassais, tout doux, 
        Et nichais tendrement ma tête sur son cou. 
   
        Il me portait un peu, puis, ma main dans sa main, 
        Il ajustait son pas pour bien suivre le mien. 
        Il m’expliquait les bois, les cabris, les moutons, 
        Les abeilles dorées et les beaux papillons.     
        Il cueillait aux buissons des réserves de mûres 
        Et m’ offrait les plus grosses comme un présent de choix. 
        Il riait bruyamment en voyant ma figure 
        Barbouillée des reliefs de ce festin de roi. 
    
        Le soir près de mon lit, il venait me bercer 
        De chansons provençales, d’histoires de bergers. 
        Je m’endormais heureuse de sa chaude présence, 
        Pleine de rêverie, d’amour, de confiance. 
    
        Au long des souvenirs, mon cœur plein de pitié 
        A trouvé le repos. J’ai repris le sentier 
        Pour revenir tout droit à la grande maison. 
        Retrouver le papé, lui demander pardon. 
   
        J’ai pris tout simplement sa main, sans rien lui dire. 
        Une larme brillait au milieu du sourire. 
        Et c’est moi, cette fois, tout au long du chemin 
        Qui ajustais mon pas, pour bien suivre le sien. 
   
        Un papé c’est précieux, c’est tant de souvenirs ! 
        Si vous en avez un, jusqu’au bout de vos jours, 
        Gardez-le près de vous. Quand il devra mourir, 
        Vous fermerez ses yeux dans un geste d’amour. 
   
        Aujourd’hui, par hasard, si le chant des cigales 
        Me pose la question tant de fois redoutée, 
        Je peux, le cœur tranquille, en digne Provençale
        Répondre fièrement : « il est là, le papé »

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Le train de la vie

Posté par cielnuageux le 8 août 2017

On croit qu’ils voyageront toujours avec nous.
Pourtant, à une station, nos parents descendront du train, nous laissant seul continuer le voyage.
Au fur et à mesure que le temps passe, d’autres personnes montent dans le wagon.
Et ils seront importants : notre fratrie, amis, enfants, même l’amour de notre vie.
Beaucoup démissionneront  (même l’amour de notre vie) et laisseront un vide plus ou moins grand.
D’autres seront si discrets qu’on ne réalisera pas qu’ils ont quitté leurs sièges.
Ce voyage en train sera plein de joies, de peines, d’attentes, de bonjours, d’au-revoir et d’adieux.
Le succès est d’avoir de bonnes relations avec tous les passagers pourvu qu’on donne le meilleur de nous-mêmes.
On ne sait pas à quelle station nous descendrons.
Donc vivons heureux, aimons et pardonnons.

Soyons heureux avec ce que nous avons.
Aussi, merci d’être un des passagers de mon train.
Et si je dois descendre à la prochaine station, je suis content d’avoir fait un bout de chemin avec toi.
Je veux dire à chaque personne qui lira ce texte que je vous remercie d’être dans ma vie et de voyager dans mon train.
.
Georges Moyses
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http://flyingwords.over-blog.com/2016/09/le-train-de-la-vie.html

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« poum poum » (Pierre Desproges)

Posté par cielnuageux le 26 mai 2017

Quand un enfant veut s’amuser, il ramasse un bout de bois, il dit « poum poum », et son copain tombe par terre les bras en croix, en criant « damned », s’il a appris le français dans Tintin, ou « arrgl », s’il a appris le français dans Spirou.
Puis le copain se relève en disant « on dirait que c’est mon rayon laser ».
Puis, il ajoute « bzzzz », et l’enfant tombe en arrière en disant : « vive la république », s’il a appris le français en lisant « démocratie française », ce qui serait très surprenant.
Enfin, les deux enfants repartent vers Jupiter après avoir bu une grenadine en grimpant sur le tabouret de la cuisine pour pouvoir attraper la bouteille.

En revanche, quand un adulte veut s’amuser, il ne ramasse pas un bout de bois.
Pas con, l’adulte.
Il prend un fusil qui fait « poum poum » pour de vrai, et qui fait pour de vrai des trous dans le ventre de l’autre adulte qui tombe en arrière en criant : « vive la France » (l’Allemagne, le roi, ou la république, rayez les mentions inutiles, et à mon avis, elles le sont toutes)

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Le reste est silence…

Posté par cielnuageux le 14 mai 2016

« … et depuis, toujours, dans toute affection, dans tout amour, j’ai retrouvé cette émotion abominable, ce goût de cuivre dans la coupe d’or, la pensée que l’on est jamais que peu de chose dans la vie de l’être qu’on adore et qui nous adore, et que l’on connaît presque rien de celui que l’on aime le mieux, et que l’homme est intransmissible à l’homme, et qu’il n’y a peut-être pas eu au monde deux cœurs qui se soient entièrement compris. »

Edmond Jaloux
(« le reste est silence »)

« … On devient misanthrope, parce que l’on s’est fait d’abord une trop haute idée de l’homme, on aurait voulu le respecter en soi si profondément que chacun le respectât de la sorte et que nul ne vînt choquer l’amour de son honneur et de sa dignité. Mais les rapports de ces êtres entre eux sont rudes et grossiers, et, tôt ou tard, vous obligent à l’éloignement, à la méfiance, à la défensive d’abord, à la haine ensuite.  »

« …Chaque pessimiste n’est qu’un optimiste trop souvent déçu. Il n’y a que ceux qui n’ont jamais eu de grands espoirs qui ne sont pas désespérés. »

Edmond Jaloux
(« le reste est silence »)


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Antoine de Latour (1808-1881)

Posté par cielnuageux le 24 avril 2016

http://www.poesie-francaise.fr/antoine-de-latour/poeme-au-printemps-qui-ne-vient-pas.php

 

Recueil : Loin du foyer (1835).

   
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Où donc est le printemps ? Endormi sous la nue
Le soleil ne luit pas ou brille sans chaleur,
Et dans les champs, la neige, aux arbres suspendue,
Tient la sève captive et dévore la fleur.

 

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Tout frissonne et se tait ; le pauvre laboureur
S’assied morne et pensif sur quelque roche nue ;
Le pain pour ses enfants va manquer, et son cœur
Maudira l’heure sainte où leur mère est venue.

   

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Il est aussi des temps où du soleil divin
L’homme attend le retour et le demande en vain ;
Qui de nous, une fois, et de l’âme et du monde

 N’a cru voir les destins confondus et flottants,
Et des esprits troublés sondant la nuit profonde
Ne s’écria jamais : — Où donc est le printemps ?

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Citations

Posté par cielnuageux le 9 janvier 2016

http://deuil.comemo.org/

 

deuil

 

 

J’ai cueilli ce brin de bruyère.
L’automne est morte, souviens-t’en.
Nous ne verrons plus sur terre
Odeur du temps, brin de bruyère,
Et souviens-toi que je t’attends.

“L’adieu” – Guillaume Apollinaire

 

J’ai perdu ma force et ma vie,
Et mes amis et ma gaîté ;
J’ai perdu jusqu’à la fierté
Qui faisait croire à mon génie.

Quand j’ai connu la Vérité,
J’ai cru que c’était une amie ;
Quand je l’ai comprise et sentie,
J’en étais déjà dégoûté.

Et pourtant elle est éternelle,
Et ceux qui se sont passés d’elle
Ici-bas ont tout ignoré.

Dieu parle, il faut qu’on lui réponde.
Le seul bien qui me reste au monde
Est d’avoir quelquefois pleuré.

“Tristesse” – Alfred de Musset

 

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Certitude

Posté par cielnuageux le 17 novembre 2015

“Est fanatique celui qui est sûr de posséder la vérité. Il est définitivement enfermé dans cette certitude ; il ne peut donc plus participer aux échanges ; il perd l’essentiel de sa personne. Il n’est plus qu’un objet prêt à être manipulé.”

 

(de Albert Jacquard…)

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Musset

Posté par cielnuageux le 4 octobre 2011

L’homme est un apprenti, la douleur est son maître  Et nul ne se connaît tant qu’il n’a pas souffert.

[Alfred de Musset]

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Louis Dumur

Posté par cielnuageux le 30 janvier 2011

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« Il n’y a qu’une excuse à l’ingratitude, mais elle est bonne : C’est l’humiliation que l’on éprouve d’avoir été obligé. »

 

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